Informations complémentaires

PROJET SOCIAL

La Crèche Nuage est gérée par une association Loi 1901 : « La Ronde des Bambins », association formée en 1988 par des parents caennais désireux de créer des structures pour jeunes enfants, qui les aideraient à gérer plus aisément les contraintes de la vie active.

La Ronde des Bambins donna le jour à la Crèche Nuage en Avril 1991 après avoir ouvert un centre de loisirs et compte  aujourd’hui 11 garderies périscolaires en écoles maternelles et primaires.

Chaque lieu d’accueil est géré par un responsable en contact permanent avec le Président de l’Association et le Bureau par le biais d’entretiens réguliers.

L’association assure la gestion financière au secrétariat (salaires, subventions…), les responsables assurant la gestion interne de leur structure (planning, organisation, inscriptions…). Une soixantaine de personnes : responsables techniques, auxiliaires de puériculture, animateurs, assistantes petite enfance, femmes de ménage, secrétaires et comptable composent actuellement l’équipe de la Ronde des Bambins.

PROJET PEDAGOGIQUE DE LA CRECHE NUAGE

NUAGE CRECHE ASSOCIATIVE « A PARTICIPATION PARENTALE »

La structure parentale, outre l’accueil d’un petit nombre d’enfants et ses facilités d’aménagement des horaires, présente, tant pour les parents que pour leurs jeunes enfants, des qualités particulières.

L’ouverture de la crèche à la famille en est un aspect essentiel dont les principes de base seront d’une part un accueil privilégié des parents dans l’intimité de la structure, d’autre part leur propre investissement dans son fonctionnement.

Pour permettre de travailler dans un esprit d’ouverture tout en permettant un brassage des populations, l’association a mis en place à partir de l’an 2000 une tarification selon les revenus (barème CAF), veillant ainsi à l’intégration des familles les plus défavorisées.

Dans une même logique d’ouverture et dans la mesure où la prise en charge ne semble pas trop lourde, nous souhaitons accueillir l’enfant handicapé au sein du groupe. En effet, notre réflexion porte sur un accueil sans exclusion où le professionnel accompagne parents et enfants sans préjugés. Notre rôle est d’aider les enfants à construire leur identité qu’ils soient ou non handicapé, en les écoutant, en les regardant évoluer, en leur offrant un espace où ils seront libres d’être avant tout des enfants.

Le handicap ne doit pas être nié, mais doit être seulement un élément à prendre en considération parmi d’autres par le groupe.

Les jeunes enfants n’ayant pas les perceptions négatives que peuvent avoir les adultes fassent aux différences, l’enfant handicapé s’intègre d’autant mieux. Notre rôle étant de favoriser les échanges au sein du groupe, nous devons éviter de mettre l’enfant handicapé en situation d’échec, mais l’aider à prendre conscience de ses potentialités.

Pour les parents de cet enfant, être accueillis dans un cadre non thérapeutique et une bouffée d’oxygène qui les aide à se sentir des parents comme les autres.

Leurs présences et celle de leur enfant amène chacun de nous à une valeur essentielle : le respect de la différence.

Pour des raisons de sécurité, personnel insuffisant, locaux non adaptés, nous ne pouvons accueillir qu’un ou deux enfants handicapés en même temps.

I – PARTICIPATION DES FAMILLES

L’investissement des parents dans la vie de la crèche peut se concrétiser de différentes façons:  pour des raisons pratiques nous avons choisi de ne pas faire intervenir les parents en tant que suppléants du personnel permanent de la crèche afin d’éviter d’être confrontés à la complexité des plannings, et de ne pas imposer un temps obligatoire de présence au moment où les parents mènent eux aussi leur propre activité professionnelle. En effet, il ne paraît pas souhaitable que l’enfant soit soumis à un défilé de visages. Une trop grande rotation du personnel est préjudiciable pour l’enfant qui n’a plus de points de repères. Le choix de ce fonctionnement permettra plus de souplesse en ce qui concerne l’investissement parental et évitera toute tension inhérente à ce genre de problème au sein de l’équipe permanente. Cependant, une participation active à la vie de la crèche est demandée, chaque parent intervenant soit sur des tâches communes, soit dans sa spécificité.

  • Les parents auxquels l‘activité professionnelle laisse peu de temps, qui sont donc moins libres ou qui sont parfois moins motivés, répondent au «service minimum«  (lavage du linge ou courses deux fois dans le trimestre), respectant ainsi l‘esprit de participation inhérent à la crèche parentale.
  • D’autres familles participent différemment en amenant un savoir faire, une technique qu’ils souhaitent transmettre : Théâtre, chant, découverte de langues étrangères…). Cette libre expression des potentialités de chacun vient enrichir l’environnement de l’enfant au delà du travail de l’équipe professionnelle. Parallèlement les parents sont accueillis au sein de la crèche lors des événements marquants de l’année, tels que Noël, Carnaval de Mardi gras, et sont investis de différentes tâches : préparer un goûter ou suppléer l’équipe pour déguiser et maquiller les enfants. Ces moments partagés favorisent les échanges, la complicité et créent des liens entre les différents intervenants dans la vie de l’enfant. Ce contexte chaleureux et convivial apporte à l’enfant une image positive des relations humaines.
  • Les parents sont également sollicités afin d’optimiser l’encadrement lors des sorties.

Les réunions parents / équipe permettent de définir le rôle de chacun, toute idée nouvelle étant toujours la bienvenue.

Le bénéfice pour l’enfant de fréquenter une collectivité (éveil, socialisation, autonomie) est majoré par l’implication de ses parents dans la vie de la crèche. D’autre part le sentiment de sécurité que peuvent ressentir les parents en confiant leur enfant à une structure dont ils sont les piliers est la base de la mise en confiance de l’enfant.

ACCUEIL ET ADAPTATION

Le lieu d’accueil de la crèche se situe dans le sas d’entrée. Ce lieu important est pensé de façon à ce qu’il offre une image accueillante et chaleureuse. Chacun peut s’y informer en lisant les panneaux d’affichage où figurent de nombreux renseignements, l’organigramme, le planning des permanents, le planning d’activité des parents, les animations quotidiennes auprès des enfants. Le cahier de liaison, outil très important, sera en permanence à la disposition des parents. Ce lieu d’échange et de discussion accède directement à la grande pièce de vie et son activité permanente. Les parents peuvent y déposer le manteau de leur enfant et éventuellement leur poussette. Ils pénètrent ensuite dans les pièces de vie, équipés de sur chaussures, afin d’accompagner leur enfant et de déposer ses affaires dans son casier, son doudou dans le « range-doudou ».

L’accueil des parents au sein de la crèche signifie, la connaissance du fonctionnement du lieu de vie de leur enfant, mais aussi un dialogue ouvert et constant avec l’équipe d’encadrement. Les parents sont considérés à la crèche comme des partenaires devant l’éducation de leur enfant et établissent ainsi avec l’équipe le lien essentiel entre ses deux cadres de vie. Cette continuité et cette cohérence sont la base de l’unité face à l’éducation et à l’épanouissement du jeune enfant. Au sein de cette harmonie, il peut mieux vivre la séparation et acquiert ainsi une conception positive de lui même et de son entourage.

Accueillis par l’éducatrice, responsable technique de la crèche, les nouveaux parents reçoivent une documentation complète sur la structure, chaque détail étant abordé au cours de ce premier échange : dans un premier temps l’explication du fonctionnement de la crèche puis la visite des locaux et enfin les formalités administratives.

La prise  de contact avec l’éducatrice et le personnel permanent permet d’envisager ensemble l’arrivée de l’enfant et de le préparer afin de respecter chacun de ses besoins. A cet effet, une fiche de renseignements est remplie, détaillant les habitudes de l’enfant ainsi qu’une grille d’observations où sont notés ses rythmes de vie. Ce premier contact donne lieu à un dialogue essentiel parents équipe de la crèche et constitue une continuité entre les deux futurs milieux de vie du jeune enfant. Lors de cette entrevue les parents doivent être mis en confiance, rassurés quant à leur crainte de confier leur enfant, compris et écoutés lorsqu’ils expriment la déchirure que leur imposera cette première séparation.

Dans la mesure de leurs possibilités, il est souhaitable dans un premier temps que le jeune enfant passe des moments relativement courts à la crèche afin de respecter une adaptation progressive, tout particulièrement lorsque la période d’angoisse de la séparation se fait le plus sentir. De son côté, l’équipe permanente devra tout mettre en œuvre afin de faciliter cette adaptation, l’enfant devra se sentir attendu, on lui parlera, on lui présentera les personnes et les lieux quel que soit son âge. L’équipe doit de même, prendre en compte la difficulté des parents à se séparer de leur enfant, les écouter et les rassurer.

En effet, le critère à respecter pour une adaptation dans les meilleures conditions est la fréquence et non la quantité d’heures passées à la crèche.

L’adaptation du nourrisson se fait au cours des jours précédents son arrivée. L’enfant plus grand ou qui n’a jamais vécu en collectivité vient très progressivement, l’adaptation pouvant dans certains cas durer jusqu’à 1 mois.

Quelque soit l’âge, l’enfant passe un premier moment à la crèche en compagnie de ses parents. C’est l’occasion d’un nouvel échange avec l’équipe ; les parents ont encore quelques petites questions, on leur montre le lit de leur enfant qu’ils aménagent eux-mêmes à leur goût, ils nous parlent de leur bébé, de son rythme à la maison. Le nourrisson nous est ensuite confié trois ou quatre fois : une heure, puis deux avec un biberon puis trois avec une sieste. L’enfant plus grand vient une première fois une heure, l’équipe jugeant ensuite, selon son comportement si le temps d’adaptation peut être augmenté la fois suivante.

L’adaptation est différente d’un enfant à l’autre et doit se concevoir d’une façon très individuelle ; considérant chaque enfant selon ses propres caractéristiques. Les parents rassurés ne vivront que mieux ce changement qui va s’opérer dans leur vie. De son coté, l’équipe permanente doit tout mettre en œuvre afin de faciliter cette adaptation, l’enfant doit se sentir attendu, on lui parle, on lui présente les personnes et les lieux quelque soit son âge.

II – LA VIE QUOTIDIENNE A LA CRECHE

1- Le rythme de vie

Sans le respect des rythmes fondamentaux, l’enfant risque de subir une perturbation des fonctions essentielles (sommeil, appétit …). En effet, les rythmes biologiques « ponctuant » la vie quotidienne du jeune enfant, leur dérèglement peut s’avérer néfaste pour sa santé. Il est donc essentiel qu’un rythme journalier souple mais existant soit établi au sein de la crèche, afin de donner aux enfants des repères, de les sécuriser et, d’autre part de permettre aux permanents de gérer au mieux l’organisation de ce lieu.

Bien sûr l’établissement du rythme tient compte des variations individuelles de chaque enfant, induites par le milieu familial et communiquées par le biais des fiches de renseignements.

Dans un deuxième temps, la démarche de l’équipe consiste en une observation accrue des enfants, qui permet de mieux percevoir les habitudes propres à chacun. En ce qui concerne les activités dirigées, notre rôle est de savoir reconnaître les moments les plus favorables afin de ne pas enfermer l’enfant dans un rythme trop établi qui l’obligerait à « faire » au moment où il ne le désire pas. Il semble essentiel d’éviter la confusion entre la crèche et l’école maternelle et de ne pas enfermer trop précocement l’enfant dans un carcan qui nuirait à son épanouissement.

2- Les repas

Les repas contribuent à rythmer la journée, ils se situent le matin vers 9 h, le midi vers 11 h 30 , et l’après-midi vers 15 h 45. L’espace cuisine est équipé pour recevoir des repas en liaison chaude. La livraison s’effectue vers 11h00, les mets étant maintenus à température jusqu’à 11h30. Un membre de l’équipe ayant suivi une formation spécifique reste en cuisine de la réception des plats au nettoyage complet de l’espace.

Le muret séparant la cuisine de la salle de vie, permet de poser les assiettes dès leur préparation et de servir rapidement les enfants.

Un planning quotidien de répartition des tâches, permet à l’équipe une organisation optimale, deux personnes s’occupant de la table des grands, les autres donnant les repas à la cuillère et les biberons aux bébés.

Le repas doivent être un moment agréable réunissant plusieurs critères de qualité :

  • le milieu où il se déroule est chaleureux. Ils sont installés autour d’un mobilier à leur hauteur choisi pour leur confort et leur sécurité.
  • l’ambiance est calme afin qu’ils apprécient ensemble ce moment de détente où l’on apprend à découvrir le goût, le geste, la propreté mais aussi le fait de manger en collectivité et donc le respect de chacun.
  • le transit jeu-table est amené par le lavage des mains. Le jouet à table est désapprouvé.

Il est important des respecter le rythme de l’enfant qui mange, et dans la mesure du possible, de maintenir l’ensemble du groupe à table jusqu’à la fin du repas. Le repas en collectivité constituant une étape de socialisation, il est également mis à profit pour favoriser chez l’enfant le sens du partage. De même l’enfant apprend à manger d’une manière autonome. D’autre part, jouer avec l’alimentation ou manger à pleine main est compris comme étape de découverte de la nourriture et acquisition progressive de la manipulation des couverts. A ce double titre l’enfant a le droit de prendre ses aliments dans ses mains sans qu’on lui fasse de reproche, le rôle de l’adulte restant, malgré tout, de lui faire connaître dès le 1er âge les codes sociaux, les enfants sont donc encouragés à utiliser les couverts et le contenu de leur assiette à des fins strictement alimentaires.

Après deux ou trois tentatives, l’enfant n’est pas forcé à finir son repas s’il ne le désire pas. De même, en aucun cas, un enfant qui dort au moment du repas n’est réveillé, son repas lui est servi ultérieurement.

En ce qui concerne les nourrissons les repas sont individualisés selon la demande, ils se déroulent dans le calme en pensant au confort de l’adulte et de l’enfant, (divans, fauteuils, transats ….). La prise du biberon doit être un moment d’échange privilégié entre l’adulte et le bébé, il sera important de lui parler et de prendre le temps qu’il faut afin de satisfaire son besoin de sucer.

3- Les temps de repos

Le sommeil est également un des éléments rythmant de la journée. Les périodes de sommeil sont aussi importantes que celles de l’éveil, un bon sommeil permet une bonne santé physique et morale.

Chaque enfant ayant des besoins différents, il est fondamental de savoir respecter les variations individuelles. Pour aider à la perception des besoins de l’enfant, les parents nous transmettent son rythme habituel de sommeil, ses habitudes d’endormissement, (son doudou, sa position de sommeil etc…). Tous ces renseignements précieux sont inscrits au-dessus du lit de l’enfant afin que chaque rite d’endormissement soit respecté.

Nous disposons de trois chambres pour le repos des enfants

Pour les bébés la disposition de lits dans trois d’entre elle est modifiable après observation, selon les rythmes et les difficultés d’endormissement de chacun. Nous faisons au mieux pour qu’un minimum d’éléments viennent perturber leur sommeil, le cadre est sécurisant et agréable (couleurs douces ,et ,mobiles). Les bébés sont couchés selon leur rythme aux premiers signes de sommeil, une écoute attentive à l’endormissement et au réveil est essentielle, un adulte passe régulièrement pour surveiller le sommeil des enfants. Un Interphone reliant l’étage et le rez de chaussée nous permet une surveillance plus accrue.

Attention ! les pleurs d’un bébé ne doivent pas être automatiquement interprétés comme un besoin de sommeil.

La chambre la plus spacieuse est réservée aux plus grands. Une sieste leur est proposée en début d’après midi, après un moment de calme et de relaxation introduit par des histoires, des chants, une musique douce …. Un adulte reste présent jusqu’à l’endormissement des enfants, puis un second prend la relève surveillant l’ensemble des chambres et levant chaque enfant dès qu’il se réveille, évitant ainsi de réveiller les camarades !

D’autre part un petit coin douillet et intime (coussins, matelas, peluches) est aménagé dans la pièce de vie afin que chaque enfant ait la possibilité de se reposer ou de s’endormir au moment où il le souhaite et donc de favoriser la liberté de sommeil de chacun.

4 – Les changes – L’hygiène

En ce qui concerne les bébés, la toilette et les changes représentent autant que les repas des moments d’échange privilégiés. Il doit exister dans ces instants une réelle relation adulte enfant. La parole doit donc avoir une place importante aussi jeune que soit l’enfant, il est essentiel de lui expliquer ce qu’on lui fait, de lui parler de son corps, de son environnement. Cette verbalisation lui permet de prendre conscience de lui même et de ce qui l’entoure, de se sentir actif et pas seulement subissant de l’action qui s’opère sur lui. La communication par le regard sera tout aussi favorable au bon déroulement de la toilette.

Afin qu’il y ait une cohérence entre l’évolution de l’enfant à la crèche et à la maison, toute nouvelle étape est discutée avec les parents et appréhendé simultanément dans les deux milieux de vie de l’enfant.

En ce qui concerne l’apprentissage de la propreté, le rythme spécifique à chaque enfant est communiqué aux permanents par l’intermédiaire du cahier de transmission. Les changes sont notées dans ce cahier. Cet épisode se fait en douceur et sans contrainte, une exigence trop affirmée à ce niveau risquant d’opérer un blocage chez le jeune enfant. Il est donc essentiel de tenir compte de la maturation de chaque enfant.

Pour les plus grands, une salle de change équipée de petits wc et d’un lavabo à leur hauteur est à leur disposition au même niveau que les pièces de vie et la cuisine. Ils y apprennent à se laver les mains chaque fois que nécessaire. Ceux qui apporteront une brosse à dents sont encouragés à s’en servir après les repas. Afin de respecter les règles d’hygiène tout en minimisant la quantité de linge à laver par les parents, le visage des enfants est nettoyé avec des mouchoirs à usage unique. Une seconde salle de change est située près des chambres.

En ce qui concerne les adultes, les règles d’hygiène et de propreté doivent être rigoureusement respectées et appliquées, (lavage des mains réguliers et obligatoirement avant et après chaque change, désinfection des robinets et matelas de change après chaque diarrhées …). Ces règles d’hygiène fondamentales sont affichées dans la crèche afin de sensibiliser au maximum tous les intervenants.

III – EPANOUISSEMENT DE L’ENFANT ET ROLE DE L’ EQUIPE

1 – Constitution de l’équipe :

L’équipe est actuellement constituée d’une Éducatrice Jeunes Enfants responsable technique, de deux Auxiliaires Puéricultrices responsables adjointes, de deux CAP petite Enfance, d’un CAP Collectivité et deux assistantes petite enfance en place depuis 16 ans en cours de VAE d’auxiliaire de puériculture. L’évolution de l’organisation, les embauches de personnel qualifié, une meilleure gestion des plannings ont donné lieu à une meilleure professionnalisation et à une stabilité de l’équipe au fil des années. Dans ce sens, nous encourageons les VAE afin que l’ensemble du personnel allie compétence et diplôme.

L’ensemble du personnel travaille en roulements, le but étant de connaître tous les enfants, leurs parents, de percevoir l’activité de la crèche sur l’ensemble de la journée et d’être en mesure d’en assumer le travail. Cette polyvalence facilite les remplacements en cas d’absences. Les roulements permettent également une activité professionnelle variée, chaque moment de la journée étant différent. Les membres de l’équipe sont amenés volontairement à travailler avec l’ensemble du personnel tournant.

Le personnel qualifié couvre la totalité de la tranche horaire, l’ouverture et la fermeture sont assurées par une éducatrice ou une auxiliaire puéricultrice, la responsabilité de la structure leur incombant alors en l’absence de la responsable technique.

2 – Travail au sein de l’équipe, organisation :

« Travailler dans une équipe c’est reconnaître les compétences de l’autre et respecter à la fois ses tâches et son outil de travail, c’est aussi essayer de dépasser le stade d’une rivalité plus ou moins consciente dont on peut se défaire si chacun est reconnu dans sa fonction par l’autre ».

Le cahier de transmission où sont inscrites toutes tâches effectuées pour chaque enfant (change, repas, coucher, lever et autres observations) est, outre son importance pour la liaison avec les parents, un outil de base dans l’organisation de l’équipe et évite des confusions et pertes de temps inutiles.

D’autre part des réunions d’équipe régulières (et dès que nécessaire) sont tenues, permettant une discussion ouverte entre les permanents, l’évacuation verbale des problèmes (organisation, relationnel vis à vis d’un enfant etc…) et la recherche commune d’une solution favorable. Cette réflexion commune favorise la prise de conscience des responsabilités de chacun et une cohérence au sein de l’équipe, éléments essentiels pour le bien être des enfants. Elle permet également le réajustement du projet pédagogique.

Régulièrement des réunions plus élargies se font avec la participation des parents qui peuvent également apporter leurs suggestions et évoquer les problèmes éventuels. Cela donne lieu à des échanges constructifs qui permettent d’avancer ensemble vers un même but : le bien être de l’enfant.

Si le mot « règle » paraît, il est vrai, un peu rigide, il est cependant reconnu que l’enfant a besoin de limites pour structurer sa personnalité. Le rôle de l’équipe est de savoir poser ces limites d’une façon cohérente et de les faire respecter sans pour cela nuire à l’épanouissement de l’enfant. Bien sûr, la réciprocité existe dans ce cas, il est bien clair que s’il y a des limites pour l’enfant, il y aura également pour l’adulte des limites à respecter…..

3 – Comportement de l’enfant et « règles » de vie

Quelques points importants :

  • « Les bêtises » : le fait qu’un enfant commette une bêtise quelque soit sa nature ne donnera en aucun cas à l’adulte le droit d’infliger une gifle, une fessée à l’enfant, ou tout autre geste violent.
  • Rangement : les enfants apprennent à ranger leurs jeux en compagnie d’un adulte avant les repas et autres moments et sont encouragés à aider l’adulte à faire place à d’autres activités.
  • Escaliers  – Coin préparation repas : ces lieux, source de certains dangers pour l’enfant sont fermés par des barrières (normes de sécurité des collectivités). Les termes « interdiction d’y pénétrer » ne sont pas vraiment appropriés puisque les enfants sont tout à fait libres d’y aller en compagnie d’un adulte attentif. Cependant cette règle doit être rigoureusement respectée afin qu’aucun incident ne se produise.
  • Grignotage : le grignotage est désapprouvé au nom de l’éducation des rythmes d’alimentation et de l’hygiène alimentaire.Les pleurs : un enfant pleure pour exprimer ses sentiments ou son insatisfaction. La réponse n’est pas obligatoirement la prise de l’enfant dans les bras, mais il est important de trouver la cause des pleurs, de parler à l’enfant afin de dédramatiser, les paroles de l’adulte ayant un impact apaisant. L’essentiel étant que l’enfant nous sente à l’écoute.
  • La chute : les chutes de l’enfant sont de même dédramatisées (bien sûr tout est relatif à la gravité de la chute ! ), l’incident et sa cause lui est expliqué, cette verbalisation lui fait intégrer un obstacle méconnu auparavant.
  • Participation des grands aux soins des petits : elle n’est ni empêchée ni sollicitée. L’intérêt d’un grand pour un bébé est canalisé par un adulte afin d’éviter toutes brusqueries et d’aider le grand à apprécier ses acquis sans pour autant lui laisser se forger un rôle de petit parent.
  • Hygiène : les enfants, comme nous l’avons vu, se lavent les mains avant et après chaque repas et après des activités « salissantes ».

4 – Eveil de l’enfant et organisation de l’espace

L’importance des cinq premières années de la vie de l’enfant a été largement démontrée, ce sont des années formatrices durant lesquelles les structures essentielles de la personnalité vont s’établir.

La qualité de vie à la crèche va donc être fondamentale : la fonction des permanents et l’aménagement de l’espace jeu en constituant deux critères de base.

Durant cette période d’acquisition le rôle de l’équipe s’appuiera sur les points suivants:

  • favoriser l’épanouissement de l’enfant dans cette période de découvertes et de tâtonnements, tant au niveau de son propre corps ou du langage, qu’au niveau de ce qui l’entoure. Il est important de l’encourager dans cette démarche et de le complimenter dans ses succès.
  • favoriser sa sociabilité à travers la vie en collectivité, lui apprendre à partager, l’aider à gérer ses rapports avec les autres.
  • lui apprendre à s’organiser, le rendre responsable et autonome tout en restant toujours « la bouée de sauvetage » lui assurant la sécurité. Autrement dit savoir le guider sans faire à sa place. Observer attentivement son évolution et construire à ce niveau un échange avec les parents, l‘évolution de l‘enfant chez lui et à la crèche devant toujours être cohérente.
  • le préparer doucement à sa future intégration dans une autre structure : l’école (échanges avec l’école), le centre de loisirs (échanges réguliers et animations communes).

Afin de répondre au mieux à ce vaste programme, nous devrons en premier lieu nous préoccuper de l’aménagement de l’espace au sein de la crèche , le but étant de créer un climat sécurisant, chaleureux et un milieu riche offrant à l’enfant des perceptions variées tenant compte de ses besoins, des finalités éducatives citées, des impératifs administratifs, mais aussi des réalités sociales et financières.

L’environnement doit être gai et chaleureux, les deux pièces de vie sont situées au rez-de-chaussée, la plus grande s’ouvrant directement sur l’accueil communiquant également par une large voûte sur la deuxième : le coin des bébés. Ce lieu pourra être utilisé également lors d‘activités calmes et ponctuelles (chants, musique, lecture d‘histoire…).

Ces pièces constituent le lieu d’épanouissement de l’enfant et réunissent le maximum de conditions donnant à l’enfant la possibilité d’y faire des expériences et lui permettant un développement harmonieux, respectant autant que possible sa liberté d’agir.

Des coins de jeux permanents sont installés dans la grande salle afin d’aider les enfants à se situer dans l’espace. Ils s’y rendent selon leur besoin, leur envie, et leur possibilité (coins déguisements, dînette – poupée, garage-autos, jeux de construction etc…).

L’adulte fait découvrir à l’enfant l’intérêt du jeu en jouant avec lui et en lui présentant l’ensemble des coins jeux, il l’aide à ranger et à respecter le matériel et ses pairs.

Une table d’enfant et quelques petites chaises sont installées dans la grande salle de vie et constituent un lieu de regroupement pour les activités dirigées : dessin, bricolage manuel, découpage, collage.

Les activités eau, sable, terre, peinture, pâte à modeler seront largement pratiquées car indispensables à la découverte des éléments, de l’espace mais aussi des limites de son corps par l’enfant. Les adultes encadrant ces activités encourageront l’enfant à utiliser les matériaux de façon adaptée, sans bloquer les réalisations débordantes mais en limitant avec diplomatie les écarts intentionnels. Une pièce carrelée et disposant d’un point d’eau sera exclusivement utilisée pour ces activités.

Le petit nombre d’enfants, suprême avantage de la structure parentale, permet d’inviter autour d’une même activité l’ensemble du groupe, chaque enfant étant libre de participer et dans la mesure de ses possibilités. Les temps d’activités dirigées sont improvisés selon la demande des enfants et proposés dans les moments les plus favorables

Ceci dit, l’activité ne sera pas exclusivement réservée aux plus grands, dès le 1er âge les bébés découvrent leur corps et le monde qui les entoure. Les stimulations introduites par l’adulte seront donc essentielles :

  • stimulation auditive par le chant, la voix de l’adulte qui s’adresse à lui, la musique, les bruits.
  • stimulation visuelle par la présentation d’objets, de jouets de couleurs différentes.
  • stimulation tactile par le toucher de matières différentes , le doux, le lisse.
  • stimulation olfactive par la perception des différentes odeurs.

Les bébés aiment beaucoup également les jeux épidermiques. Caresses, gymnastique et psychomotricité seront également largement pratiqués à la crèche.

D’autre part, le parcours lit-transat, transat-lit sera évité au maximum afin que l’éveil du bébé soit favorisé.

IV – LES ACTIVITES EXTERIEURES

Une petite cour, agréablement aménagée (pelouse synthétique, dessins ornementaux sur les murs) permet aux enfants de prendre l’air. Ils disposent de porteurs, toboggan, balançoires, tunnels en tissu, d’une maisonnette, etc…

Conscients malgré tout de la superficie relativement limitée de cet espace extérieur, nous avons jugé bon d’orienter notre projet différemment en organisant de nombreuses sorties, particulièrement pour les plus grands.

Notre centre de loisirs situé à 300 m de la crèche est une opportunité non négligeable que nous allons exploiter.

Durant les vacances scolaires, tous les mercredis et les temps de garderies périscolaire (de16h30 à 18h30) une auxiliaire, médiatrice entre les deux structures emmènera les enfants afin qu’ils profitent des espaces verts, des animations et des sorties au sein d’un groupe du  même âge.

Cette passerelle entre les différents lieux d’accueil de l’Association est déjà en place et planifiée depuis plusieurs années, elle sera donc intensifiée, particulièrement au printemps et en été.

Outre l’avantage de faire sortir les enfants de l’espace crèche, ce fonctionnement offre d’autres avantages : faire partager aux plus grands de la crèche et aux plus petits du centre de loisirs des moments simples , tel qu’une promenade, un pique-nique, des événements marquants dans l’année (goûter la bûche de Noël, la galette des rois, les crêpes de la Chandeleur…). C’est aussi permettre aux enfants de la crèche d’aller voir un spectacle au centre de loisirs ou de profiter de l’espace de motricité…

Les jeunes enfants qui seront scolarisés l’année prochaine se familiarisent ainsi avec une autre structure, avec des animatrices qu’ils rencontreront peut-être par la suite, les frères et sœurs se retrouvent avec plaisirs.

Par ailleurs, une maison de retraite se situant à 100m de la crèche, nous espérons pouvoir mettre en place des échanges intergénérationnels.

Pour les sorties, les déplacements se font grâce à deux mini-bus dont dispose maintenant l’Association. Les enfants peuvent ainsi aller à la piscine, à la bibliothèque, dans des parcs au alentours. Le but : faire découvrir d’autres horizons et les familiariser avec les règles de sécurité inhérentes aux promenades extérieures.

CONCLUSION

Ce projet pédagogique ne présente en aucun cas un aspect définitif et immuable, outil de base permettant la cohérence d’une équipe, il restera ouvert à tous et sera source d’échanges et de discussions.

Parents et professionnels seront invités à faire part de leurs questionnements et de leurs éventuelles suggestions instaurant ainsi un dialogue essentiel qui permettra la cohésion des différentes personnes intervenant auprès du jeune enfant.